Dhream Cup : Objectif rempli pour Julien Villion

Il partait sur cette course pour goûter à nouveau au plaisir de la compétition, naviguer en solitaire, passer du temps sur l’eau, l’objectif est rempli, Julien a eu ce qu’il était venu chercher. Une avarie survenue sur le tout dernier bord du parcours l’a contraint à abandonner et rentrer à Lorient, mais le skipper du Figaro 3 tire tout de même de bons enseignements et reste très motivé pour trouver le financement nécessaire qui lui permettra de s’aligner au départ de la Solitaire du Figaro en septembre prochain.

Le récit de la course :

Le début de course
J’étais content du début de course, à l’aise en vitesse et en stratégie pour être avec les meilleurs. Puis il y a eu un grand bord de portant au sud des côtes anglaises, où j’ai senti que le rythme de ceux qui sont bien entraînés était difficile à tenir. De mon côté, j’ai essayé de bien me gérer, de faire barrer le pilote automatique et d’aller dormir quand je le pouvais. Gérer la fatigue et le rythme à bord était l’un de mes objectifs au départ. Donc j’ai vraiment essayé de me reposer mais j’ai été confronté à un problème. Je n’ai jamais vraiment trouvé les bons réglages de pilote automatique pour barrer correctement au portant et pouvoir faire quelques siestes. Alors, pour garder la cadence, j’ai beaucoup barré. Je l’ai forcément payé après en fatigue. Sur le bord de portant pour descendre vers Ouessant, j’ai dû me reposer un peu et j’ai perdu quelques places, je n’ai pas toujours pris les petites oscillations de vent dans le bon sens…

L’avarie
Après avoir enroulé cette marque virtuelle, nous sommes partis au reaching jusqu’à l’entrée de la Baie de Quiberon, au début il y a 20-25 noeuds, on est bien sur la tranche, à l’attaque. A un moment, j’ai voulu prendre un ris dans la grand-voile et ça n’a pas du tout fonctionné, la voile ne descendait pas, j’ai dû bricoler un peu. Cette manoeuvre m’a pris du temps et au même moment, le cordage qui retient l’anneau d’amure du gennaker a cassé. En soit c’est un souci assez bénin mais les conditions ont fait que ce n’était pas facile à réparer. J’ai dû me mettre plein vent arrière pour récupérer la voile tout cela en train de prendre un ris. Cette opération de nuit m’a fatigué, j’ai attendu qu’il fasse jour pour voir s’il y avait une possibilité de réparer et voir où je me positionnais par rapport à la flotte. J’étais dans le top 10 la veille, et avec ce qu’il m’est arrivé, j’ai perdu beaucoup de milles, j’étais loin derrière.  La meilleure voile à utiliser à ce moment-là était le gennaker, mais elle était inutilisable, j’étais sous-toilé et je continuais à agrandir mon écart, d’autant plus qu’il n’y avait aucune opportunité météo pour revenir. 

Retour à Lorient 
En termes de logistique j’ai fait le choix de faire route vers Lorient pour rapidement me projeter sur la suite du programme et ne pas perdre de temps. Cela m’a permis de ne pas trop avoir à m’occuper du bateau, de le remettre propre, de faire les réparations qu’il y avait à faire et surtout de me concentrer sur ma recherche de financements.

Bilan positif 
Je me suis éclaté, c’était important d’aller régater surtout sur cette saison où nous avons beaucoup été à terre. Il faut naviguer pour ne pas perdre son niveau. Je n’avais pas passé une nuit en mer en solo depuis la Solo Maître Coq l’année dernière, donc il y avait un peu de remise en route. Cette Drheam Cup était la bonne occasion d’aller régater sans laisser trop de temps s’écouler. Il y a des allures dans lesquelles je suis à l’aise et dès que ça rentre dans le domaine de la technique, là il faut vraiment être en confiance à bord et être entraîné.  J’ai senti que j’étais un cran en dessous des meilleurs et que je pouvais m’accrocher à ce rythme-là, mais cela me coutait en énergie. Si je participe à la Solitaire, j’aurai deux bons points à travailler au mois d’août et je sais que je pourrai m’appuyer sur mes points forts.

Maintenant, place à la recherche de financements. Julien se laisse jusqu’à la fin du mois de juillet pour boucler le budget qui lui permettra d’être au départ de cette très réputée Solitaire du Figaro.

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